Le Masque et les Colombes
De la campagne d’Égypte à la paix d’Amiens : anatomie d’un affrontement, 1798–1802
Analyse Géopolitique et Stratégique
Essai en cours de publication
Extraits en accès libre
À propos de cette page
Le Masque et les Colombes est un essai en cours de publication. Cette page en présente l'architecture complète : le plan des onze chapitres, la synthèse de chacun d'eux, l'appareil de notes, la bibliographie, le glossaire et la chronologie. Un extrait représentatif est publié pour chaque chapitre.
Ce livre est un essai, non une monographie savante. Il s'appuie sur des sources reconnues, dont le détail figure en notes et en bibliographie : correspondance, mémoires, témoignages contemporains, travaux d'historiens. Mais il assume aussi, par endroits, une part d'interprétation qui va au-delà de ce que ces sources permettent d'établir. J'ai tenu à signaler ces passages au fil du texte. Le lecteur y trouvera des hypothèses, non des certitudes.
Je m'y autorise, ici et là, le jugement et la lecture personnelle, notamment pour approcher ce qui, chez Bonaparte, échappe aux explications convenues de l'intuition ou du génie. Ces incursions ne prétendent pas remplacer l'analyse historique. Elles voudraient seulement l'accompagner d'un autre regard, plus philosophique parfois.
On pourra s'en tenir au récit des événements, qui repose sur des faits solidement établis. Mais qui voudra bien me suivre jusque dans mes hypothèses les plus risquées trouvera peut-être de quoi penser autrement une campagne que l'on croit connaître.

« Les aigles excellent à voler à hauteur de colombe. »
La scène
Le régime du Consulat (1799) apporte une paix illusoire. La multitude célèbre Bonaparte comme un pacificateur, ignorant que le traité d'Amiens inaugure l'ère de la guerre totale.
La thèse
L'intensification de la lutte franco-britannique étend son influence au monde entier.
Chapitre 1 — Introduction : l'illusion de l'âge d'or
Cet essai avance une thèse simple. Derrière les ruptures apparentes de l'histoire européenne — la Réforme, l'absolutisme, la Révolution, l'épopée impériale — court une ligne de force : la lutte que se livrent la France et l'Angleterre pour imposer leur loi au continent et, au-delà, aux routes du commerce mondial. Cette rivalité a une grammaire, sans pour autant abolir les intérêts propres des autres puissances. La France cherche périodiquement à organiser le continent autour d'un principe qu'elle présente comme universel — catholique hier, révolutionnaire ensuite — et à se doter de la force nécessaire pour le faire prévaloir. L'Angleterre, puissance insulaire, maritime et financière, défend d'abord une autre logique : empêcher qu'une puissance continentale ne devienne assez forte pour menacer son indépendance, son commerce et son empire. Elle privilégie pour cela les alliances, les subventions, le renseignement et la maîtrise des mers, tout en évitant autant que possible l'engagement terrestre disproportionné.
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La Raison d'État contre l'hégémonie maritime
Le modèle français
L'idée : fédérer l'Europe autour de la France (Richelieu et la Raison d'État, la Révolution et son message idéologique). La faille : la Révolution décapite l'amirauté française. Brillante sous Louis XVI, la marine devient un corps sans tête.
Le modèle anglais
La méthode : ne rien fédérer. Diviser, arbitrer, et prélever le bénéfice sans engager ses propres forces. L'atout : insularité et révolution de la navigation — frapper sans être touché. La guerre européenne devient un moteur économique.
Chapitre 2 — Origines d'un conflit
Ce doux nom d'« équilibre des pouvoirs » signifie que chaque puissance en neutralise une autre. La formule reste défendable tant que le coût de la guerre est également supporté par tous les belligérants. La situation devient dangereuse dès qu'un État trouve le moyen de s'abstraire de la loi commune. Est-on encore, dès lors, dans un équilibre ? La révolution des techniques de navigation et la construction des grands navires vont précisément permettre à l'Angleterre des XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles d'échapper aux contraintes de ses homologues continentaux. Sa politique d'expansion outre-mer lui confère peu à peu le rôle de plaque tournante du commerce mondial. Son insularité, sa marine et son argent deviennent de redoutables atouts. Ils l'autorisent à frapper ses adversaires sans jamais pouvoir être touchée en retour.
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Comment sortir de deux siècles de guerres perpétuelles sans vainqueur ?
Le jeu à somme nulle (Carnot)
L'administration révolutionnaire crée l'outil (la conscription de masse, l'impôt centralisé), mais l'emploie selon les vieux schémas d'attente. Résultat : isolement et déclin au profit de Londres.
La furia francese (Bonaparte)
L'accumulation de puissance est catalysée. L'ordre est bouleversé. Il concentre tous les pouvoirs (militaire, diplomatique, médiatique) en un seul point d'impact pour écraser l'ennemi.
Chapitre 3 — Stratégie défensive, stratégie offensive
La France sortait donc plus forte de l'expérience révolutionnaire, mais complètement isolée. Autrement dit, ce qu'elle gagnait en puissance nationale, elle le perdait en influence internationale. La Grande-Bretagne, au contraire, qui avait absorbé sa propre révolution un siècle plus tôt, possédait les moyens de coordonner sur les plans économique, politique et militaire les efforts des puissances continentales. Car le pouvoir ne se situe pas dans la violence, mais à l'intérieur des réseaux, des relais qui permettent justement de n'user de la force qu'a minima. Les Anglais croyaient encore pouvoir jouer leurs coups sur du velours.
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Les administrateurs du possible
Figures : Moreau, Bernadotte, Kléber. Nature : enfants de la Révolution. Ils obéissent aux formes existantes, perfectionnent l'institution et gèrent la tradition (ex. : l'École de guerre).
Le penseur radical
Figure : Napoleon Bonaparte. Il ne gère pas un temps linéaire ; il situe son action dans un espace politique propre au monde antique : l'immortalité, brise les formes obsolètes, en fonde de nouvelles, commande depuis un principe, non depuis une institution.
Chapitre 4 — Le duel des profils : l'homme de l'archè
Je propose ici une clé de lecture, non une démonstration. Le mot qui permet de saisir la différence est grec : archè — ἀρχή — le principe, le commencement, la source. Archein, c'est à la fois commencer et gouverner. Être de l'archè, ce n'est pas relever d'un archaïsme au sens moderne d'arriéré ; c'est puiser à la source et déployer cette énergie dans des formes neuves. Cette grille n'exclut ni la formation d'artilleur, ni l'apprentissage révolutionnaire, ni les réseaux, ni les circonstances. Elle les oriente.
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Le constat
L'invasion frontale de l'Angleterre est impossible. La Royal Navy rend l'île inviolable.
L'artère économique
La stratégie devient indirecte : ruiner le commerce colonial britannique en bloquant la route des Indes.
L'habillage idéologique
Masquer cet impérialisme économique sous le mythe des Lumières : un retour civilisateur aux sources orientales de la science.
Chapitre 5 — Les chemins du Caire
Pour Talleyrand, l'Empire turc est condamné. La France a pu l'aider par le passé, mais ses chances de redressement sont nulles. La Russie et l'Autriche sont déjà prêtes à se disputer sa dépouille : on ne peut donc s'exclure du partage. Bonaparte, de son côté, tient que celui qui détient les détroits possède les clés du monde — idée qui allait intoxiquer toutes les diplomaties jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. Or la route de Constantinople passe nécessairement par le Caire. On peut de surcroît, en rouvrant l'isthme de Suez, porter un coup fatal au commerce anglais et faire de la France la puissance majeure de la Méditerranée.
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Le mythe parisien
L'état-major pensait affronter une Égypte endormie et dominée par d'anciens esclaves.
La réalité tactique
La formation en carré déconcerte la fougue de la redoutable cavalerie de Mourad Bey. Les cinq divisions françaises se disposent en parallélogrammes, artillerie aux angles.
Le résultat
Le triomphe de la rationalité systémique sur la bravoure individuelle. La démonstration de la supériorité terrestre française est absolue.
Chapitre 6 — La conquête
Car l'occupation a un coût, et ce coût, ce sont les Égyptiens qui l'acquittent. Une armée de plusieurs dizaines de milliers d'hommes, coupée de la métropole par la mer que tient l'Anglais, doit vivre du pays : il faut la nourrir, la vêtir, la loger, la payer. De là un système de contributions, de réquisitions et de prélèvements qui pèse sur les villes comme sur les campagnes — grain, bétail, chevaux, numéraire arraché aux notables, aux marchands, aux communautés. L'administration nouvelle se veut rationnelle, elle cadastre et elle compte ; mais aux yeux du fellah comme du cheikh de quartier, la rationalité de l'occupant a le visage d'une ponction. On avait promis de libérer l'Égypte du joug des Mamelouks ; on lui substituait une autre pression, plus méthodique, et pour cela d'autant plus ressentie. C'est dans cet écart-là — non dans les intentions affichées, mais dans ce qu'en éprouvait la population — que s'est jouée l'impossibilité durable de l'entreprise.
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L'audace de Nelson
Entrée en aveugle dans une baie inconnue, attaque immédiate de navires paralysés par la surprise.
Le bilan naval
2000 tués, 4 navires coulés, 9 capturés. Brueys meurt au combat. L'amirauté française y contracte un fatal complexe d'infériorité.
Le basculement stratégique
« Le fils du diable a la chance du diable » (Nelson). La victoire terrestre devient instantanément une impasse logistique. L'armée d'Orient est coupée de l'Europe.
Chapitre 7 — La contre-attaque
Le 11 août, tandis que le commodore s'absente pour se ravitailler à Chypre, Bonaparte embarque discrètement à bord de La Muiron, cap sur la France. Les généraux Lannes, Berthier, Murat et Marmont l'accompagnent, ainsi que Monge, Berthollet et Vivant Denon. La traversée d'une mer pourtant verrouillée ne pose aucun problème aux quatre bâtiments de sa suite : la flottille passe entre les mailles du filet britannique.
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Le contexte
Poussé par l'alliance anglo-turco-russe, Bonaparte tente de forcer la porte de la Syrie pour menacer Constantinople.
L'impasse
Huit assauts infructueux. La peste, la chaleur et l'absence d'artillerie de siège brisent l'armée.
Le siège (mai 1799)
La marine britannique (Sidney Smith) a capturé les canons de siège français en mer et ravitaille continuellement Djezzar Pacha de manière invisible.
L'épuisement terrestre est vaincu par la fluidité infinie du réseau maritime.
Chapitre 8 — Intensification de la lutte
Le déni de légitimité qu'il affronte lui interdit toute évolution progressive : il procède donc par bonds. L'Italie (1797) lui donne l'Égypte (1798), qui, à son tour, lui offre le pouvoir à Paris (1799). À son retour, le peuple acclame le « conquérant de l'Italie » ou le « vainqueur d'Aboukir ». Pourtant, les Autrichiens ont déjà repris l'Italie pendant qu'il était en Égypte ; et une fois installé à Paris, il verra les Anglais se réapproprier l'Égypte. On mesure la fragilité de ses conquêtes. Elles ne sont rien de plus qu'un temps précieux, qu'il lui faut mettre à profit sur le plan politique. Son temps de prédilection reste celui du vacarme qu'il fait autour de la victoire et qu'il exploite autant qu'il le peut. Riche du seul bruit de ses conquêtes, il n'est plus rien dès que la rumeur faiblit. Il définira lui-même, mieux que personne, ce positionnement singulier : « La conquête m'a fait ce que je suis ; seule la conquête peut me maintenir. »
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La paix comme continuation de la guerre par d'autres moyens.
Le point de vue français
Utiliser la trêve d'Amiens pour concentrer les forces dans l'État, pour dominer les puissances continentales et asphyxier l'Angleterre.
Le point de vue anglais
Un répit tactique. L'Angleterre utilise ce paravent pour remettre en ordre ses finances éprouvées et reconstruire en silence ses réseaux aristocratiques transversaux en Europe.
Chapitre 9 — La trêve d'Amiens
Ce que recherchent les Anglais, ce n'est pas tant la destruction de l'ennemi que sa dislocation. Les moyens militaires ne sont qu'une manière de parvenir aux fins fixées. Les pressions financières, commerciales, morales, diplomatiques comptent autant que les pressions militaires. Leur but de guerre reste toujours limité : ils ne cherchent ni à envahir ni à posséder, mais essentiellement à se protéger et à dominer. L'adéquation de la fin aux moyens s'en trouve facilitée, puisque l'ambition guerrière demeure modeste. Les nécessités de la guerre commandent de combiner les moyens industriels, militaires et financiers. Les unités combattantes ne sont que la part émergée de l'iceberg : toutes les ressources économiques et humaines sont mobilisées au service de l'effort de guerre. Les forces morales que l'on retire de cette synergie trempent le caractère des combattants et raffermissent la volonté de ceux qui les soutiennent. De la modestie des objectifs à l'économie de force pratiquée pour les atteindre se dégage une cohésion d'ensemble qui reste, probablement, inégalée.
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Iconographie française
Moyens : toiles de maîtres, Gros, Guérin, David. Lentes, onéreuses, monumentales. Méthode : bâtir le mythe. Sublimer l'horreur de Jaffa ou d'Aboukir en un récit homérique éternel pour la postérité.
L'opinion britannique — le grotesque
Médium : gravure et caricature (Gillray, Rowlandson). Rapide, virale, bon marché. Méthode : dissoudre par l'ironie. On ne peut vaincre un mythe par un autre mythe ; on le déconstruit. Le sourire ronge la statue.
Chapitre 10 — La guerre des récits
L'asymétrie des médias dit tout du reste. La France joue sur la toile à l'huile — lente, coûteuse, monumentale, destinée aux salons et aux académies, adressée à la postérité. L'Angleterre joue sur la gravure — rapide, bon marché, reproductible à des milliers d'exemplaires, vendue quelques pence chez Hannah Humphrey, épinglée dans les tavernes et les cafés, lue dans la rue le matin même de sa parution. L'une s'adresse à l'éternité, l'autre à l'opinion du jour. Et c'est là, encore, la même asymétrie stratégique reproduite dans le registre des images : la France joue le long jeu de la gloire, l'Angleterre joue le court jeu du sourire. Si l'on doit mesurer l'avantage retiré de cette guerre des récits, il faudra concéder que l'Angleterre a su mieux exploiter l'opinion immédiate et le registre populaire ; il faudra simultanément noter que la postérité scientifique et culturelle de l'expédition d'Égypte relève d'une tout autre logique, qui échappe à ce classement.
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Le bilan
Bonaparte a sculpté son épopée dans le marbre antique de Rosette et dans le langage éternel de la victoire. Mais l'Angleterre a préservé l'avantage stratégique qui comptait le plus : la logique invisible et implacable des mers.
C'est dans cet écart — entre la gloire visible de l'épopée et l'ingénierie discrète des flux — que réside la véritable leçon géopolitique du monde moderne.
Chapitre 11 — Conclusion : ce que l'Égypte enseigne
Le temps dans lequel il semble se déplacer n'est pas, en effet, le temps linéaire et comptable des bilans de campagne — celui des horloges et des trésoreries, où l'Angleterre excelle. C'est un temps plus politique, tourné vers la durée, celui dans lequel se pensent les institutions et les legs. Napoléon agit souvent moins pour le résultat immédiat que pour ce qu'il en restera ; moins pour vaincre une coalition que pour inscrire durablement les acquis de la Révolution française. Cette opposition entre deux rapports au temps est une grille de lecture, pas un fait qu'on pourrait établir par les archives ; elle éclaire certains choix — la recherche du choc et la succession des batailles — sans épuiser leurs causes, qui tiennent aussi, plus prosaïquement, à la fragilité politique d'un pouvoir né d'un coup d'État.
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La réalité stratégique — victoire stratégique anglaise (le fond)
Destruction de la flotte française. Sécurisation absolue de la route des Indes. L'Égypte n'est pas durablement intégrée à la sphère française (capitulation en 1801).
La fabrication du mythe — victoire politique française (la forme)
L'échec militaire est métamorphosé en épopée civilisatrice (l'Institut, Vivant Denon). Bonaparte abandonne son armée, rentre en sauveur à Paris, renverse le Directoire et fonde le Consulat. Le capital militaire est converti en pouvoir politique absolu.
Notes et sources
- 1.Propos rapporté par Bourrienne : voir Bourrienne (Louis Antoine Fauvelet de), Mémoires de Bourrienne, Paris, 1829, 10 vol., t. II, chap. XII.
- 2.Clausewitz (Carl von), De la guerre, Livre I, chap. 1, § 24 ; trad. fr. Éditions de Minuit, Paris, 1955, p. 51.
- 3.Discours à l'Assemblée législative, 2 septembre 1792. Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, t. XLIX, Paris, 1896, p. 252.
- 4.Correspondance de Napoléon Ier, publiée par ordre de l'Empereur Napoléon III, Paris, Imprimerie Impériale, 1858-1870, 32 vol. Lettre de l'automne 1796, à la fin de la première campagne d'Italie.
- 5.Ibid.
- 6.Correspondance de Napoléon Ier, op. cit., t. III, 23 février 1798.
- 7.Marx (Karl), Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte [1852], trad. fr. Paris, Éditions Sociales, 1963, p. 15.
- 8.La Révellière-Lépeaux (Louis-Marie de), Mémoires, publiés par son fils, Paris, Plon, 1895, 3 vol., t. III. L'authenticité du mot est discutée : Laurens (Henry), L'Expédition d'Égypte, op. cit., p. 52, souligne que la motivation politique n'était qu'un facteur parmi d'autres.
- 9.Correspondance de Napoléon Ier, op. cit., t. IV, n° 2721 [environ], 22 juin 1798, à bord de L'Orient.
- 10.Correspondance de Napoléon Ier, op. cit., t. IV, proclamation du 2 juillet 1798.
- 11.Sur le système de contributions et de réquisitions qui pèse alors sur la population égyptienne, voir Laurens (Henry), L'Expédition d'Égypte, op. cit.
- 12.Sur la révolte du Caire des 21-22 octobre 1798, sa répression par l'artillerie et la profanation de la mosquée al-Azhar, voir Laurens (Henry), L'Expédition d'Égypte, op. cit. Les estimations du nombre de victimes égyptiennes varient sensiblement selon les sources.
- 13.Sur l'exécution des prisonniers ottomans à Jaffa (mars 1799), dont les effectifs demeurent discutés par les historiens, voir Laurens (Henry), L'Expédition d'Égypte, op. cit.
- 14.Lettre de Smith à Nelson, citée in Laurens (Henry), L'Expédition d'Égypte, op. cit., p. 215.
- 15.Bourrienne (Louis Antoine Fauvelet de), Mémoires de Bourrienne, op. cit., t. III, chap. X.
- 16.Ordre du jour de Kléber avant la bataille d'Héliopolis, 20 mars 1800. Texte intégral : « Soldats, on ne répond à de telles insolences que par des victoires ; préparez-vous à combattre. » Reproduit in Jomini (Antoine Henri de), Histoire critique et militaire des guerres de la Révolution, Paris, Anselin et Pochard, 1819-1824, 15 vol.
- 17.Mot attribué à Napoléon. Rapporté notamment par Talleyrand dans ses Mémoires (Talleyrand-Périgord, Charles Maurice de, Mémoires, Paris, Calmann Lévy, 1891, 5 vol., t. I) et cité in Las Cases (Emmanuel de), Mémorial de Sainte-Hélène, op. cit.
- 18.Las Cases (Emmanuel de), Mémorial de Sainte-Hélène, op. cit.
- 19.Bourrienne (Louis Antoine Fauvelet de), Mémoires de Bourrienne, op. cit., t. III ou t. IV.
- 20.Ibid.
- 21.Ibid. L'attentat dit de la rue Saint-Nicaise eut lieu le 24 décembre 1800 (3 nivôse an IX). Napoléon attribua l'assassinat du tsar Paul Ier (24 mars 1801) à l'ambassadeur britannique Whitworth, sans preuve documentaire formelle.
- 22.Débats parlementaires britanniques, Hansard, vol. XXXVI, session 1802. Cité in Tulard (Jean), Napoléon, op. cit.
- 23.Las Cases (Emmanuel de), Mémorial de Sainte-Hélène, op. cit.
- 24.Formule traditionnellement attribuée à Napoléon à Sainte-Hélène, dont la source primaire exacte demeure incertaine : elle ne figure pas telle quelle dans le Mémorial de Sainte-Hélène et paraît s'être fixée par contamination avec l'adage popularisé par Francis Bacon (« Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose »).
Bibliographie indicative
Principales sources citées dans les notes, données à titre de repères.
I. Sources primaires
- Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, Paris, 1896.
- Bourrienne (Louis Antoine Fauvelet de), Mémoires de Bourrienne, Paris, 1829, 10 vol.
- Correspondance de Napoléon Ier, publiée par ordre de l'Empereur Napoléon III, Paris, Imprimerie Impériale, 1858-1870, 32 vol.
- Débats parlementaires britanniques (Hansard), session 1802.
- La Révellière-Lépeaux (Louis-Marie de), Mémoires, Paris, Plon, 1895, 3 vol.
- Las Cases (Emmanuel de), Mémorial de Sainte-Hélène.
- O'Meara (Barry Edward), Napoléon en exil, ou l'écho de Sainte-Hélène, Paris, 1822.
- Talleyrand-Périgord (Charles Maurice de), Mémoires, Paris, Calmann Lévy, 1891, 5 vol.
- Al-Jabartī (‘Abd al-Rahmān), Journal d'un notable du Caire durant l'expédition française (trad. fr. disponible ; source arabe essentielle).
II. L'expédition d'Égypte
- Laurens (Henry), L'Expédition d'Égypte (1798-1801), Paris, Armand Colin, 1995 ; rééd. Seuil, 1998.
- Cole (Juan), Napoleon's Egypt: Invading the Middle East, New York, Palgrave Macmillan, 2007.
- Boudon (Jacques-Olivier), La Campagne d'Égypte, Paris, Belin, 2018.
- Strathern (Paul), Napoleon in Egypt, Londres, Jonathan Cape, 2007.
III. Stratégie britannique et Deuxième Coalition
- Mackesy (Piers), Statesmen at War: The Strategy of Overthrow, 1798-1799, Londres, Longman, 1974.
- Muir (Rory), Britain and the Defeat of Napoleon, 1807-1815, New Haven, Yale University Press, 2011.
- Rodger (N.A.M.), The Command of the Ocean: A Naval History of Britain, 1649-1815, Londres, Allen Lane, 2004.
IV. Propagande, caricature et guerre des récits
- Jourdan (Annie), Napoléon. Héros, Imperator, Mécène, Paris, Flammarion, 2021 (éd. augmentée).
- Clayton (Tim) et O'Connell (Sheila), Bonaparte and the British: Prints and Propaganda in the Age of Napoleon, Londres, British Museum Press, 2015.
- Bryant (Mark), Napoleonic Wars in Cartoons, Londres, Grub Street, 2009.
- Donald (Diana), The Age of Caricature: Satirical Prints in the Reign of George III, New Haven, Yale University Press, 1996.
V. Géopolitique et pensée stratégique
- Clausewitz (Carl von), De la guerre, trad. fr. Paris, Éditions de Minuit, 1955.
- Jomini (Antoine Henri de), Histoire critique et militaire des guerres de la Révolution, Paris, Anselin et Pochard, 1819-1824.
- Liddell Hart (B.H.), Strategy: The Indirect Approach, plusieurs éditions.
- Lefebvre (Georges), Napoléon, Paris, Presses universitaires de France, 1935 (rééd.).
VI. Bonaparte, Consulat et construction du mythe
- Tulard (Jean), Napoléon ou le mythe du sauveur, Paris, Fayard, 1977.
- Lentz (Thierry), Le Grand Consulat (1799-1804), Paris, Fayard, 1999.
- Gueniffey (Patrice), Bonaparte, Paris, Gallimard, 2013.
Glossaire
Repères de vocabulaire pour la lecture : notions politiques, militaires et diplomatiques de l'époque.
- Archè
- Terme grec désignant le principe de commandement et la primauté politique. Fil conducteur de l'essai pour penser l'ascendant stratégique d'une puissance ou d'un homme.
- Équilibre des puissances
- Doctrine diplomatique visant à empêcher toute hégémonie en Europe en dressant les États les uns contre les autres.
- Coalition
- Alliance temporaire de puissances contre un ennemi commun. La Deuxième Coalition (1798-1802) réunit notamment l'Angleterre, l'Autriche, la Russie et l'Empire ottoman.
- Directoire
- Régime qui gouverne la France de 1795 à 1799, entre la Convention et le Consulat.
- Consulat
- Régime issu du coup d'État du 18 Brumaire (1799), qui concentre le pouvoir exécutif entre les mains de Bonaparte, Premier consul.
- Sublime Porte
- Nom donné au gouvernement de l'Empire ottoman, d'après la porte du palais où se rendait la justice.
- Divan
- Conseil administratif institué par Bonaparte au Caire pour associer des notables égyptiens à la gestion du pays.
- Mamelouks
- Caste militaire d'origine servile qui domine l'Égypte ottomane. Sa cavalerie est défaite à la bataille des Pyramides en 1798.
- Beys
- Chefs mamelouks. Mourad Bey et Ibrahim Bey se partageaient le pouvoir en Égypte à l'arrivée des Français.
- Ulémas
- Docteurs de la loi et de la religion musulmanes. À la mosquée al-Azhar, ils jouèrent un rôle dans la révolte du Caire.
- Fellah
- Paysan égyptien. Principale victime des réquisitions et de l'impôt pesant sur le pays occupé.
- Réquisition
- Prélèvement forcé de biens — grain, bétail, chevaux, numéraire — imposé à une population pour entretenir une armée.
- Institut d'Égypte
- Société savante fondée au Caire en 1798, réunissant les savants de l'expédition. À l'origine de la monumentale Description de l'Égypte.
- Feld-maréchal
- Plus haut grade militaire dans plusieurs armées européennes, dont l'armée russe. Porté par Souvorov.
- Plénipotentiaire
- Diplomate muni des pleins pouvoirs pour négocier et signer un traité au nom de son État.
Chronologie
Repères chronologiques, de l'embarquement de Toulon à la paix d'Amiens (1798-1802).
- 19 mai 1798Départ de l'armada française de Toulon.
- juin 1798Prise de Malte.
- 1er-2 juillet 1798Débarquement français près d'Alexandrie.
- 21 juillet 1798Bataille des Pyramides : la cavalerie mamelouke est défaite.
- 1er août 1798Bataille navale d'Aboukir : Nelson détruit la flotte française.
- 9 septembre 1798La Sublime Porte déclare la guerre à la France.
- 21-22 octobre 1798Révolte du Caire et sa répression.
- 3 janvier 1799Alliance anglo-russo-ottomane.
- février 1799Début de la campagne de Syrie.
- mars 1799Prise de Jaffa ; exécution des prisonniers ottomans.
- mars-mai 1799Siège de Saint-Jean-d'Acre : échec français.
- avril-août 1799Victoires de Souvorov en Italie (Cassano, la Trébie, Novi).
- 25 juillet 1799Bataille terrestre d'Aboukir : victoire française.
- août 1799Départ secret de Bonaparte d'Égypte.
- 25-26 septembre 1799Deuxième bataille de Zurich : Masséna bat Korsakov ; retrait russe de la coalition.
- 9 novembre 1799Coup d'État du 18 Brumaire : début du Consulat.
- 14 juin 1800Bataille de Marengo.
- 9 février 1801Traité de Lunéville avec l'Autriche.
- 23 mars 1801Assassinat du tsar Paul Ier.
- mars 1802Paix d'Amiens avec l'Angleterre.
Essai en cours de publication
Le Masque et les Colombes est actuellement en cours de soumission auprès de maisons d'édition. Les extraits publiés ici donnent un aperçu de chaque chapitre. L'ouvrage complet sera bientôt disponible en librairie.
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